Seydou Boro

Le défi de la nouvelle génération de chorégraphes en Afrique est de sortir des stéréotypes exotiques et folkloriques qui pendant de nombreuses années ont fait de la création du continent noir une expression limitée à la tradition. Seydou Boro fait partie de ce nouveau courant qui défend et revendique une créativité à la fois forte et originale. De formation multidisciplinaire, initié aux jeux du théâtre, du cinéma, de la danse et de la musique, il expérimente tout d’abord les voies de l’interprétation.

En 1992, Seydou Boro rencontre Salia Sanou à l'Ecole des Ensembles Dramatiques de Ouagadougou.
En 1993 leur collaboration avec Mathilde Monnier leur ouvre les voies d’un nouveau champ de création. Cette " porte ouverte ", ils la franchissent pour vivre l’expérience de cultures artistiques différentes.
Un an plus tard, ils produisent leur première pièce, un duo à mi-chemin entre la tradition africaine et la modernité gestuelle. C’est “Le Siècle des Fous”, un regard chorégraphique sur l’être, dans ses envies, ses contradictions, ses régressions d’homme du siècle. Le spectacle recevra, en 1994, le premier prix national du concours international de danse contemporaine (Afrique en création). Ils découvrent alors, en même temps qu’un public ébahi, le succès d’une pièce qui porte en elle les germes de leur création en devenir.

En 1995, ils fondent la compagnie salia nï seydou et créent “Figninto, l’œil troué”, « sollicitation émue vers l’incertain », réflexion dansée interrogeant l’homme moderne, sa cécité, son absence aux autres. En 1999, c’est “Taagala, le voyageur”, une pièce pour trois danseurs, une danseuse et deux musiciens, qui sera présentée au Festival de Montpellier Danse puis, en 2002, “Weeleni, l’appel” en collaboration avec le jeune chorégraphe Ousséni Sako, une pièce pour trois danseurs et quatre musiciens originaires du Burkina Faso et du Maroc, une chorégraphie hors-frontières où se rencontrent mélodies mandingues et percussions marocaines.

Seydou Boro revient seul en 2004 avec "C’est à dire..." une performance de texte, danse et musique où l’homme questionne sa relation à la danse, à la création, à la politique avec humour et gravité, sensibilité et émotion – un solo sans filet.

Le tandem se reforme en 2006 pour "Un Pas de Côté" avec le percussionniste Jean-Pierre Drouet et quatre musiciens de l’ensemble instrumental Ars Nova, qui coproduit cette création présentée à la Biennale de la Danse de Lyon.
Enfin au Festival Montpellier Danse 2008, les deux chorégraphes présentent "Poussières de sang", pour sept danseurs, une chanteuse et quatre musiciens, exposé cru et implacable des violences humaines et rencontre émue entre corps et peinture, geste et son, en écho aux troubles qui agitent le monde.

Après la création du festival Dialogues de Corps à Ouagadougou en 2001, qui propose tous les deux ans en décembre des formations et des rencontres professionnelles autour d’une programmation internationale de danse, Seydou Boro et Salia Sanou ont inauguré en décembre 2006 à Ouagadougou la Termitière, premier Centre de Développement Chorégraphique d’Afrique, dédié à la création et à la formation et dont ils sont les directeurs artistiques. Ce projet d’envergure internationale qu’ils ont porté huit ans avant qu’il voit le jour, est financé conjointement par l’Ambassade de France à Ouagadougou, le Ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme du Burkina Faso, et la Mairie de Ouagadougou. Pour leurs créations et leur travail de formation chorégraphique en France et dans le monde, Seydou Boro et Salia Sanou ont été nommés Officiers et Chevaliers des Arts et des Lettres par le Ministère de la Culture français en 2008, et ont reçu en février 2007 le trophée Culturesfrance des Créateurs. Ils ont été également élus Artistes de l’année 2003 par l’Organisation Internationale de la Francophonie.

La compagnie salia nï seydou a su imposer une écriture contemporaine, singulière et profonde, une danse créative plus attachée au sens et à l’émotion qu’à l’esthétique pure.
Elle a créé 11 spectacles qui ont tous eu des durées de vies de plus de trois ans, qui ont tourné en France et à l’étranger sous tous les continents et qui ont, pour certains, atteint les 135 représentations, sans compter les nombreux projets menés en parallèle, les diverses résidences, la formation professionnelle des danseurs en Afrique et les actions artistiques, pédagogiques et autres qui ont été réalisées auprès de divers publics.

Ils ont été artistes associés à la Scène nationale de Saint-Brieuc, au Centre national de la danse à Pantin ainsi qu’au Théâtre Louis Aragon à Tremblay-en-France.

Après autant d’années de travail et de collaboration, Seydou Boro et Salia Sanou décident en 2010 de suspendre les activités de la Compagnie salia ni seydou. Après s’être porté artistiquement et humainement, ils désirent se confronter individuellement à la scène et au public. Seydou fonde la Compagnie Seydou Boro en juin 2010.
Ils continuent cependant à codiriger et à tenir la direction artistique du Centre de Développement Chorégraphique - la Termitière.

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